Vous êtes ici   Accueil < Aromathérapie

 

Les Hydrolats
(conférence 2e Symposium International d’aromathérapie scientifique, Grasse 1999)

dimanche 21 novembre 2004

 

Conférence donné par Michel Vanhove et Herviane Viaud. J’espère que les analyses en images vont etre visible ...
Michel Vanhove, 19/11/2004


Histoire des hydrolats (eaux distillées)

Définition des hydrolats :

« Les eaux distillées ou hydrolats sont des eaux chargées, par la distillation, des principes volatils des végétaux.

Codex 1908.

4e Siècle :

Les eaux distillées étaient probablement déjà connues des Egyptiens, les premières indications de leur connaissance nous viennent par les écrits de Synesios de Ptolomais (*1) et de Zozymos de Panapolis (*2)
qui décrivirent de manière détaillée les appareils distillatoires des Egyptiens.

6e Siècle :

Aetius d’Amida (*3), médecin et écrivain, vivant à Constantinople décrivit a la distillation empyreumatique (*25) par hydrodifusion (Destillatio per descensum).

8 e au 11 e Siècle apogée de la science Arabe :

- Geber (Dschabir) (*4) est probablement le savant le plus influent de son époque.
-Mésué le jeune (*5) la description des eaux distillées de rose et d’absinthe.
- Ibn Khaldun (*6)
Mentionne que les hydrolats étaient déjà connus et estimés. (l’eau de roses )
- Nonus Theophanes (*7)
Médecin de l’Empereur Michael VIII de Constantinople) recommandait l’eau de roses comme remède.
- Le médecin syrien Serapion (Janus Damascenus), 9 e Siècle
et
- Avenzoar (*8) (médecin du calife Ebn Attafin du Maroc employaient l’eau de rose comme collyre.
(10 e Siècle)
- Abn Dschafar Achmed (*9)(traduit par Synesius de Constantinople en grec) décrivait l’eau de roses,
l’huile essentielle de roses et le camphre comme médicaments usuels. (11 e Siècle)
- Albucasis donne dans son œuvre « Liber servitoris »une description minutieuse de la distillation. (*10)

Après les Croisades : relève par l’Occident :

Nous voyons à travers des écrits de l’époque que les eaux distillées étaient le but de la distillation, les huiles
essentielles étaient considérées comme quantité négligeable...
Les recherches étaient orientées vers l’alchimie, la transmutation des métaux...

L’alchimie et distillation : vulgarisation grâce à l’imprimerie :

- Hieronymus Brunschwig (1500). (*11)
- Philippi Ulstadii (commencement du 16 e Siècle) (*12)
- Walter Hermann Reiff (Ryff) (1556) : medecin à Strasbourg. (*13)
« New gross Destillirbuch »,
Ce livre donna beaucoup de détails sur les appareils distillatoires puis les hydrolats leur production et leurs actions médicales sont décrites dans la seconde partie du livre.

Nous voyons aussi que les auteurs sont encore bien imprégnés par la recherche de la « Quintessence », puisqu’ils distillaient toutes les matières végétales, pommes, poires, cerises etc...le sang humain, l’urine et « autres substances subtiles », parfois après des « digestions » et « circulations », après des fermentations et des
putréfactions...
A noter également les importants travaux sur les « eaux distillées » de Mathiolus et Lonicer.

- Conrad Gesner à Zurich et Valerius Cordus étendirent la connaissance par des recherches plus approfondies. (*14)
Dispensatorium Noricum 1543, 1552, 1563.

La distillation des eaux aromatiques entre dans les pharmacies.

- Jean Winther, professeur de médecine à Strassbourg (1487-1574) (*15)
Nous voyons ici que la distillation se déplace des laboratoires des alchimistes vers les laboratoires des pharmaciens. Les techniques s’améliorent.

Guerres de Religion : grande perte pour l’humanité et la recherche scientifique.

Seuls les savants se trouvant loin des tumultes de la guerre pouvaient continuer leurs recherches :
- Jean Baptiste van Helmont (Bruxelles 1577-1644)
- Jean-Rodolphe Glauber (Amsterdam 1604-1668)
- Nicolas Lemery (Paris 1645-1715)
- Guillaume Homberg (1652-1715)

On commençait a ajouter aux produits à distiller des sels tels que le sel de cuisine, la potasse, l’alun, la crème de tartre...

La parfumerie, la chimie...

Au moins 120 huiles essentielles étaient déjà connues en 1708.
Eau de Cologne (Jean Marie Farina) en 1725. Grand essor de l’industrie de la parfumerie, déjà pratiqué dans le sud de la France depuis un bon moment.

Les connaissances chimiques se multiplièrent :
- Herman Boerhave : 1728 « traité de Chimie » (*16)
Il décrit les huiles essentielles comme formées de deux éléments :
1)Un principe résineux, brut, insoluble dans l’eau (Mater).
Invariable et commun à toutes les essences...
2)Un principe très subtil, à peine pondérable, éthéré et peut-être gazeux (Spiritus rector).
Ceci constitue les propriétés odorantes et aromatiques, particulier à chaque plante, caractérise les huiles essentielles, soluble dans l’eau et communique aux eaux distillées son odeur, sa saveur et ses propriétés.

Par suite du principe admis de la solubilité dans l’eau du « spiritus rector », les eaux distillées devaient résumer les propriétés actives des arômes volatils des plantes.

Nous comprenons alors que selon certains auteurs le véritable apogée des eaux distillées se trouvait au 18e Siècle.
(Juillet 1914, Lemery). (*17)
Lemery en décrit environ 200...

Abandon du principe dualiste de Boerhave des « arômes ».

Les premiers à abandonner le principe dualiste étaient :
- F.A.C Gren, professeur de médecine à Halle (*18)
- Antoine François de Fourcroy (célèbre chimiste de Paris. (*19)

Début du « commerce », « l’industrie » des huiles essentielles ...

Le but des nouvelles recherches était d’augmenter les rendements de la production des huiles essentielles,
Les « eaux distillées » devinrent moins importantes.
Plusieurs livres apparurent, (*20) parmi lesquels :
- Production en gros ou art de fabriquer industriellement les produits chimiques, Demachy
(Traduits en allemand par le médecin Samuel Hahnemann...)

Fin de la théorie du phlogistique : la nouvelle science par Lavoisier

La découverte des éléments constitutifs de l’eau par Cavendish en 1766, de l’oxygène par Priestley et de Scheele de 1771 à 1774 amena Lavoisier a rédiger une nouvelle théorie sur la constitution des éléments matériels.
La première analyse scientifique d’une huile essentielle est celle de Houton-Labbillardière. (*21)
Suit une course à la découverte des différents composants des huiles essentielles jusqu’à nos jours...

La fabrication des huiles essentielles quitte le domaine de la pharmacie...

La fabrication des huiles essentielles quitta le domaine de la pharmacie vers 1840, pour entrer dans le domaine de la chimie.

Nous voyons encore apparaître dans le « traité de pharmacie Galénique » de 1880 :
Edme Bourgoin.

« Les eaux distillées sont des eaux chargées, par distillation, des principes volatils contenus dans les végétaux. Ce sont les hydrolats du codex, de Bérat, de Guibourt, etc... »

Les distillations s’opéraient encore à feu nu.
Les idées anciennes de l’esprit recteur, l’eau essentielle et les eaux distillées sont encore abordés rapidement, pour passer à la pratique.

On divisait les eaux distillées en deux parties :
1 Les eaux distillées de plantes inodores.
2 Les eaux distillées de plantes odorantes.

Exemples :
Plantes odorantes :
Badiane
Baies de genévrier
Bourgeons de sapin
Fenouil
Lavande
Matricaire
Origan
Sabine
Sassafras
Sauge
Serpolet

Plantes inodorantes :
Bourache
Chardon bénit
Coquelicot
Laitue
Mauve
Pourpier
Quintefeuille
Tilleul

L’emploi des plantes fraîches est préféré par rapport aux plantes sèches pour les raisons suivantes :
1 Elles se conservent plus longtemps
2 Elles ont une limpidité plus grande, leur arôme est toujours plus suave et plus développé

Exceptions sur cette règle :
Fenouil
Lierre terrestre
Mélilot
Origan
Serpolet
Sureau
Tilleul

Des règles très précises sont données quand a la quantité d’eau que l’on pouvait retirer de la distillation, la durée de la distillation etc ...

Dans le Dorvault de 1923 (Officine de préparation générale de pharmacie pratique) nous voyons les mêmes données reprises qu’auparavant.

Pour la Menthe poivrée il est écrit :

Eau distillée de menthe poivrée
Sommités fraîches. Incis.de menthe 1000 Eau comm..Q.S.

Retirez à la vapeur un poids d’hydrolat égal à celui de la plante. A défaut de menthe fr. Prendre 200gr. De menthe sèche (Codex).
Préparez de même les eaux distillées ou hydrolats d’hysope, de marjolaine, de menthe crépue, de mélisse, d’armoise.

Nous trouvons plus de précisions dans la pharmacie Galénique T1 de A. Gomis et de A. Liot de 1942.
Les eaux distillées figurent au Codex 1965 pour la dernière fois. (*17)

Auparavant le Codex indiquait :

42 Hydrolats en 1837
22 Hydrolats en 1884
7 Hydrolats en 1908

Livre de Henri Viaud en 1983 : Huiles essentielles-Hydrolats avec une longue liste d’hydrolats et leur emploi médical. (*24)

Pratique de la préparation ; selon méthode tradionnelle :
1 Choix de l’eau
Cet aspect prends toujours plus de valeur, le codex de 1884 ne donnait pas de spécification, celui de 1908 parle de « eau potable », le codex de 1937 parle d’une eau de rivière ou de source, a présent des données plus précises quant à la qualité de l’eau sont données.

2Choix de la substance :
De préférence des plantes fraîches (à l’invers des habitudes des « anciens », qui préféraient les plantes sèches, à cause des alambics moins performants ).
La dessiccation amène, par l’évaporation, un appauvrissement de la plante en essence, celle-ci peut, d’autre part, s’altérer à l’air et à la lumière. La lavande fournit 10% de moins d’essence.
La menthe sèche, au contraire, donne le même rendement que la plante fraîche.
D’ailleurs, cette règle ne peut être absolue, car il y a des plantes (cannelle, girofle) que l’on ne peut employer que desséchées.
D’autres produits tels que : tilleul, mélilot, origan, sureau, sont plus aromatiques à l’état sec qu’a l’état frais.

3Parties de la plante à employer :

Nous trouvons ici les mêmes précautions et règles que nous rencontrons avec la distillation des huiles essentielles. (choix et moments de la récolte, couper certaines herbes, râper le bois...)
Certaines plantes doivent être macérées quelque temps avant la distillation (cannelle, valériane).

4Choix du mode opératoire :

Des détails sont données sur la distillation, les précautions à prendre pour éviter que les hydrolats ne prennent un mauvais goût.
Les codex ont fixé les rendements pour chaque plante.
Il y a en effet une certaine mesure à observer, car les parties qui passent à divers moments dans une distillation ne présentent pas toujours la même composition et l’eau distillée est un mélange de ces diverses fractions.

Il faut toujours filtrer l’eau, après l’avoir agitée pour la saturer d’essence. Le filtre doit être mouillé préalablement, afin de séparer les essences non dissoutes.

Les adultérations ou faux hydrolats

1 Eaux distillées alcoolisées

On ajoute de l’alcool soit dans l’eau distillée obtenue, soit sur la plante, avec l’eau de la cucurbite.
Cette technique n’a jamais été acceptée en France, mais adoptée dans d’autres pays par leurs Pharmacopées

2 Eaux artificielles

Certains auteurs et certaines Pharmacopées font préparer les eaux distillées au moyen des essences dissoutes dans de l’eau distillée, en employant différents procédés.
a)Agitation de l’essence avec l’eau, sans substance intermédiaire
b)Emploi d’un intermède pour diviser l’essence (kaolin, talc, silice, pierre ponce, pâte à papier) ; l’usage de la magnésie, du phosphate tricalcique...
c)Distillation de l’essence avec de l’eau.
d)Avec les teintures d’essences que l’on ajoute dans la proportion de 10 grammes, c’est à dire 0,2 gramme d’essence pour 1000.

Ces eaux artificielles étaient préconisées par certaines pharmacopées :

Ex :
(... La Pharmacopée des Etats Unis écarte complètement le processus de la distillation. Elle indique que l’eau doit être imprégnée avec l’huile essentielle en triturant avec du magnésium, suivi par la filtration)
(*22)
Suisse : pour certaines d’entre elles.
(La pharmacopée suisse de 1934 (5e édit.) fait sauf prescriptions spéciales (eau de rose, eau de fleur d’oranger, eau de laurier-cerise), préparer les eaux aromatiques au moyen des essences respectives, selon la formule générale suivante : Essence 1,5 partie, talc purifié 15 parties et eau récemment bouillie et refroidie à +45°+50°,
1000 parties. On triture l’essence avec le talc et on ajoute l’eau peu à peu. On laisse déposer et on filtre de façon à obtenir un liquide limpide ou très légèrement opalescent.
On prépare ainsi l’eau de menthe, l’eau de fenouil, etc... )
La Pharmacopée suisse de 1907 (4e édit.) faisait préparer des « eaux distillées concentrées »
(sureau, tilleul). On faisait macérer pendant vingt-quatre heures 50 grammes de drogue sèche avec 15 grammes d’alcool et on distillait à la vapeur jusqu’à obtention de 200 grammes. On redistillait et obtenait 50 grammes de produit. Ces eaux étaient utilisées diluées au 1/10.
(*23)

Dans la Pharmacopée allemande de 1926 (6e édit), toutes les eaux distillées sont remplacées par des eaux aromatiques, qui sont des solutions d’essences dans l’eau, additionnées ou non d’alcool.

Composition des eaux distillées (analyses anciens) :

A coté des compositions que nous retrouvons dans les essences étaient indiqués des composés tel que :
- des acides
acétique (eau de roses)
isovaléranique (valériane)
cinnamique (canelle)
- des principes alcalins :
ammoniaque (eau de poivre)
-amines (eau de Chenopodium vulvaria L.)
Les essences qui sont dissoutes dans l’eau, ne sont pas absolument semblables à celles recueillies dans le récipient florentin. Les essences sont formées de produits divers qui se dissolvent en proportions différentes dans l’eau. Un corps peut abonder en une essence, mais s’il est insoluble dans l’eau, l’essence retirée de l’eau distillée par extraction au moyen d’un solvant, ne contient qu’une faible proportion de ce produit.
C’est ainsi que :

a)L’eau de néroli cède à l’éther une essence plus suave que le néroli
b)Les essences d’anis et de badiane se comportent de la même façon vis à vis du réactif de Viron, et cependant les essences des eaux distillées de ces plantes réagissent différemment
c)Goris et Vischniac ont montré que si l’on distille de la cannelle et si l’on dose l’aldéhyde cinnamique dans l’essence non dissoute et dans celle contenue dans l’eau distillée on trouve :

- pour l’essence non dissoute : 75 p. 100 d’aldéhyde cinnamique
- pour l’essence dissoute : 92 p.100 d’aldéhyde cinnamique
De même pour le thym :
Essence non dissoute : 32 p. 100 de composés phénoliques.
Essence dissoute : 46 p. 100 de composés phénoliques.
Pour la valériane, l’essence non dissoute est bien moins acide que l’essence dissoute, indice d’acidité 275 pour la première et 543 pour la seconde (Janot et Cionga).

La composition des essences dissoutes s’éloigne donc de celle des essences qui se séparent après distillation, les hydrocarbures s’y trouvent en quantités plus faibles, les dérives alcooliques en quantités plus élevées. On ne peut donc déduire, avec certitude, la composition de l’eau distillée d’une plante de celle de son essence.

Comparaison des compositions qualitatives et quantitatives d’une huile essentielle et d’un hydrolat :

L’hydrolat retient en son sein une quantité de composés aromatiques supérieure à celle de l’infusé aqueux et qualitativement différente.
...l’hydrolat de Canelle contient en dissolution 92% d’aldéhyde cinnamique, l’huile essentielle n’en contient que 75-76%. L’hydrolat de thym renferme 46% de phénols (surtout du carvacrol)alors que l’huile essentielle n’en contient que 32%.
(Goris et Vischniac 1914) (*17)

Etude moderne :

Etude comparative des hydrolats, les extraits hydroalcoholic et les huiles :

Double étude d’un hydrolat de camomille romaine(Chamaemelum nobili L.) et d’un hydrolat de menthe poivrée (Mentha x piperita L.).

A HYDROLAT DE CHAMOMILLE ROMAINE :

Spécifications : (selon la société Fytosan)

1° L’analyse d’un lot d’hydrolat de Chamaemelum nobili (L.) All.syn Anthemis nobilis de la société Fytosan (Die) montre les spécifications suivantes :

Hydrolat :

Aspect : liquide
Couleur : incolore à très légèrement opalescent
Odeur : suave
Densité à 20°C : 0,998-1,002
Composition : min 0,30% d’huile essentielle de camomille romaine

2°Etude chromatographique comparée entre l’huile essentielle de chamomille romaine et l’hydrolat de camomille romaine. (Laboratoire de Combe D’Ase)

Hydrolat de camomille romaine.

L’HE contenu dans l’hydrolat est extrait par « pentane » et analysée par CPG.
L’hydrolat de Chamomille romaine contient environ 310 mg d’HE par litre.

Nota :
On constate que pour l’Hydrolat de Chamomille romaine le profil est assez différent de celui de l’HE !

Prédominance des composants suivants :
- isobutyl 3-Hydroxy 2 Méthylène Butanoate
- 2 Hydroxy 2 methyl 3 butenyl 2 methyl 2 butenoate
- transpinocarveol
- myrtenol

Ce qui, regroupés par groupes chimiques donne le profil suivant :

Profil par groupes de constituants :

Hydrolat de Camomille romaine :

100

95

90

85

80

75

70

65

60

55

50

45

40

35

30

25

20

15

10

5

0

33,83%
23,93%
6,53%
0,59%

Esters
Monoterpenol
Cetones
Monoterpenes

B HYDROLAT DE MENTHE POIVREE :

1° Spécifications (selon la société Fytosan) :

L’analyse d’un lot d’hydrolat de Mentha x piperita L. de la société Fytosan (Die) montre les spécifications suivantes :

Hydrolat :

Aspect : liquide
Couleur : incolore nuance verte
Odeur : aromatique, poivrée, caractéristique de la plante
Densité à 20°C : 0,998-1,002
Composition : min 0,30% d’huile essentielle de menthe poivrée.

2° Etude chromatographique comparée entre l’huile essentielle de Mentha piperita et l’hydrolat de mentha piperita (laboratoire de Combe D’ase) :

L’HE contenu dans l’hydrolat est extrait par « pentane » et analysé en CPG.
L’hydrolat de Menthe piperita contient environ 320 mg d’HE par litre.

On notera ici la plus grande similitude de l’hydrolat avec l’HE correspondante, que dans le cas précédent.

Prédominance des composées suivants :
- Menthol
- Menthone
- Piperitone
- Isomenthone
- Isomenthol
- Cineol 1,8

Ce qui regroupé par Groupes Chimiques donne le profil suivant :

Hydrolat de Menthe Piperita

100

95

90

85

80

75

70

65

60

55

50

45

40

35

30

25

20

15

10

5

0

49,55%
30,46%
4,62%
3,72%
0,99%

Monoterpenols
Cetones
Oxydes
Sesquiterpenols
Alcools

monoterpeniques

Nous comprenons ici après cette étude comparative qu’on ne peut a priori déterminer à l’avance le profil d’un hydrolat aromatique ; chaque hydrolat devait faire l’objet d’une analyse pour connaître sa constitution.
Par ailleurs des analyses plus poussées peuvent très certainement faire découvrir la présence d’éléments autres de types :
Acides organiques etc...

Cette étude nous permet d’aborder maintenant :

Les éventuelles applications thérapeutiques des hydrolats.

Comme nous venons de le voir les hydrolats sont à la fois des produits « originaux » et très doux par rapport aux huiles essentielles desquels ils demeurent bien sur très complémentaires !

Double usage :

- voie interne
- voie externe

A Voie interne :

Ce sont avant tous de bons draineurs de fond et connecteurs subtils de « terrain ». Ils sont très bien tolérés par l’organisme même le plus sensible (Enfants, personnes âgés ou malades), sans phénomène d’accoutumance ou d’interaction médicamenteuse.

Ils sont un « complément thérapeutique » à utiliser en « cures » d’apport, d’entretien saisonnier par exemple selon le principe de la « médecine chinoise » : entretien des organes liés aux saisons.
Ou bien traitement sous forme de complexes Huiles Essentielles/Hydrolats finement dosés.

Préparations types :

A Mélange d’hydrolats entre eux et tels que en association complémentaire.

Complexe digestion :
Laurus nobilis
Levisticum officinale
Menthe piperita
Ocimum basilicum
Peumus boldus
Rosmarinus verbenone

Complexe relaxant :
Chamaemelum nobile
Citrus aurantium
Crataegus
Lavandula angustifolia
Lippia citriodora
Origanum majorana

B Mélanges d’hydrolats dynamisés et renforcés à 1/1000 par des huiles essentielles.

Complexe circulatoire :

C Complexe hydrolat/ Huiles essentielles à dynamiser :

Souvent utilisé pour un traitement de fond de 3 semaines à 1 mois. Le dosage en HE allant de 1,5% à 5% dispersées dans un hydrolat ou un mélange d’hydrolats, par le biais d’un dispersant Alcoolisé ou non.
Cupressus sempervirens
Erigeron canadensis
Melilotus officinalis
Ruscus aculeatus

+ HE cupressus sempervirens
HE pistacia lentiscus
Infections urinaires : ( 60 cc)

HE : Cinnamomum verum (feuilles)
Mentha piperita
Origanum compactum a 1 gr
Rosmarinus verbenon
Thymus vulgaris thymoliferum

Qsp Hydrolat de thym linalol

Problèmes d’estomac ( 100 cc)

HE : Rosmarinus officianalis verbenon
Artemisia dracunculus a 2 gr
Ocimum basilicum
Lavandula angustifolium

Qsp Hydrolat de -Lavandula vera
-Origanum majorana

Les complexes ainsi dosés peuvent se prendre en gouttes à raison de 15 à 25 gouttes de 2 à 3 fois/jour.
D’autre part on peut également très facilement créer des complexes : Hydrolats renforcés par des Teintures -Mres.

B Voie externe

Les hydrolats très doux pour la peau s’adaptent particulièrement bien pour les soins « dermo-cosmétiques » sous forme de « lotions ».
(Mélanges d’hydrolats entre eux)

Ils servent également dans la fabrication de Masques empltres (phase aqueuse), fabrication de bains aromathérapiques, de crèmes...

Les hydrolats sont adaptés aux soins esthétiques pour les différents types de peaux et leurs problèmes :

- peaux sèches
- peau sensible
- peau grasse
- rougeurs diffuses
- acné
- également dans le cadre de dermatoses et soins du cuir chevelu.

Exemple de lotion rougeur diffuses :

Cupressus sempervirens
Hélichrysum italicum
Mélange d’hydrolats : Hamamelis
Matricaria recutita

Problèmes de conservation : (*23)

1 Altérations d’ordre physico-chimique
-La chaleur, la lumière et l’air sont trois causes importantes de l’altération des eaux distillées.
-L’oxydation amène des changements dans la constitution des principes :
l’aldéhyde benzoique et l’aldéhyde cinnamique se transforment en acides.
L’oxydation de l’essence provoque le jaunissement de l’eau de fleur d’oranger, cette coloration est due à l’altération de l’anthranilate de méthyle.
- On a signalé autrefois, du plomb dans l’eau de fleur d’oranger, due a l’emballage (des estagnons de fer étamé avec du plomb).
2 Altération d’ordre biologique

Les eaux distillées sont facilement envahies par les micro-organismes, lesquels y forment des dépôts mucilagineux ou dans certains cas plus rares, rendent les eaux filantes.
Quelques fois ils donnent une coloration verte à l’eau, il est très difficile de se débarrasser de ces micro-organismes lorsque les usines en sont in festées (eau de fleur d’oranger)
- Les micro-organismes trouvés dans les eaux distillées se classent en trois groupes différents :
1 Bactéries (Micrococcus, Bacillus, Vibrio et Spirillus)
Micrococcus luteus dans l’eau de fleur d’oranger
Micrococcus aurantiacus dans l’eau de menthe.
Ces bactéries sont susceptibles de colorer l’eau distillée par leurs pigments.
2Algues.
Les algues sont relativement rares dans les eaux distillées.

3Champignons.
Pénicillium glaucum
Hormodendron
...

La nature des végétations et la réaction de l’eau donnent des indications sur le degré d’altération des eaux distillées. Si dans une eau normalement acide il se développe des bactéries, c’est qu’elle est profondément altérée puisque les bactéries ne vivent qu’en milieu neutre ou alcalin. Inversement, des eaux qui présentent à l’état normal une réaction alcaline auraient perdu toute valeur si elles renferment des champignons, puisque ceux-ci ne se développent qu’en milieu acide.

Conservation :

Les hydrolats naturels ne se conservent pas au delà d’un ans. Il est du reste préférable de les refaire « frais » si possible tous les 6 mois-ce qui présuppose que l’on fasse de véritables hydrolats, c’est à dire une distillation spécifique et non de recueillir le produit aqueux de la distillation d’une huile essentielle.

- Tout l’appareillage de distillation doit être au préalable bien nettoyé à la vapeur d’eau.

- Les hydrolats doivent être microfiltrés avant d’être mis en fûts.

- Les fûts doivent être également passé au préalable à la vapeur d’eau.

- Le stockage devrait plutôt se faire dans des fûts petits (32 litres), bien bouchés et mis à l’abri de la chaleur et de la lumière.

Conservateurs éventuels
(Il est bien évident qu’à la demande de certains clients !)

- Il est possible d’utiliser une batterie de conservants classiques :
Sorbate de potassium
Methyl jodé
Prophyl jodé

- Une autre possibilité est la mise sous vide en ampoules stériles d’hydrolats.

- Il serait intéressant d’étudier l’interaction éventuelle de conservateurs sut l’hydrolat ainsi que la possibilité d’utiliser d’autres types de conservateurs.

Notes (*) :

1) Tractatum chymicus ad Dioscoridem. In Fabricii biblia Graeca. Tom 8
2) Histoire de la chimie, Hoefer, 2e Edit. T.1.p 261-270.
3) Aetius Libri medicinalis sedecim. Editio Aldina 1533.fol. 10., médecin et auteur littéraire à Constantinople
4) Gebri « Summa perfectionis magisterii ».
Ex bibliotheca vaticana exemplari. Gedani 1682. Lib. IV,p 156-178.
Alchemia Gebri
Arabis libri excud. Joh.Petrius, Nuerembergensis, Bernae 1545. Lib.2, cap 12- Torbert Bergmann, « De primordiis chimiae »Upsalla 1779. Par 3D en par 4C, Editio Hebenstreit. Lipsiae 1787.
5) Antidotarium seu Grabbadin medicamentorum compositorum libri XII
6) Notices et extraits des manuscripts de la bibliothèque impériale à Paris, 1862, T 19, p.364.
7) Nonus Theophanus Editio Bernardi. Praefatio as Synesius : de febrius. Cap.28, p.112. Amstelodami, 1749.
8) Liber Theizir Dahalmodana Vahaltabadir proomium Cordubensis ab Jacobo Hebraeo.
9) Synesius de febribus. Editio Bernardi. Amstelodami 1749, p. 58 en 240.
10) Liber servitoris seu libri 28 Bulchasin Ben-aherazerin :translatus a Simone Juanensi : interprete Abraamo Judeo Tortuosiensi 1471-Editio Veneti 1502. Fol 339b, 341 et 342.
11) « Liber de arte Distillandi de Compositis, Das Buch der waren kunst zu distillieren »
12) patris nobilis Coelum Philosophorum seu liber de secretis naturae, id est quomodo ex rebus omnibus Quintia essentia paretur. Argentorati 1526 u. 1528-Augustae Treboc. 1530-Lugduni 1540 u 1553-
Parisii 1543-Francofurti 1600.
Traduction en Allemand :
« Dess Edlen und Hocherfahrenen Herrn Philippi Ulstadii von Nurnberg Buchlein von
Heimligkeiten der Natur, jetzund verdeutischt.
Frankfurt a.Mayn 1551.
Traduction en Français à Paris : 1547 :
« Le Ciel des philosophes ou secrets de la nature. Paris 1547.
13) Nouveau grand Traité de Distillation, 1556 à Francfort s/Main.
14) Annotationes, Valerius Cordus
Thesaurus Euonymi Philiatri, Tiguri 1552.
15) Guintheri Andernaei Liber de veteri et nova medicina tum cognoscenda tum facienda. Basilae 1571.
16) Elementa chimiae, que anniversario labore docuit, in publicus, privatisque scholis, Hermanus Boerhave.
17) Thèse de Jean-Marc Soulier
18) Gren, Plan de Chimie conforme aux plus récentes découvertes et destiné aux conférences académiques. T.2
p.217. Halle 1796.
19) Annales de Chimie. T. 25 (1798), p 232. Système de connaissances chimiques par Fourcroy. Paris 1801.
20) -De la pratique et l’art de distiller. Préparation de différentes eaux distillées et essences. G.H.Burghart.
Breslau 1736.
-Traité raisonné de la distillation, ou de la distillation réduite en principes avec un traité des odeurs. Dejean.
Paris 1764.
21) Journal de Pharmacie T.4, (1818), p 5.
22) (... In relation to most of the aromatics, The United States Pharmacopeia discards altogether the process by distillation, and directs that water should be impregnated with the volatile oil by trituration with magnesia, and subsequent filtration...)
The dispensatory of the United States of America, by George B.Wood, M.D, Professor of Materia Medica in the Philadelphia College of Pharmacy and Franklin Bache, M.D, professor of chemistry in the Philadelphia college of pharmacy. Published by Grigg & Elliot, 1833.
With gratitude towards Michael A.Flannery , Library director of the Lloyd Library and Museum, Cincinnati, Ohio, USA for making this copy available.
23) La pharmacie Galénique T1 de A. Gomis et de A. Liot de 1942.
24) Huiles essentielles et hydrolats. Distillation, Qualité, Controle de la Pureté. Indications majeures.
Par Henri Viaud distillateur avec le concours des médecins aromathérapeutes Dr.D.H-Dr.A.P et de Jean-Michel Dufour-pharmacien . Editions Présence 1983
ISBN : 2_901696-33-3
25) Empyreumatique : se dit d’un Gout, d’une odeur tenant de l’empyreume.
Empyreume : Gout, odeur désagréable que contractent certaines substances organiques soumises à la distillation ou à l’action d’un feu vif. (Flammarion)


Auteur : michel

 

 




Aromalves n'est en aucun cas responsable de la teneur de l'article, des images utilisées et des documents joints, ils sont sous la seule responsabilité de son auteur. Aussi, nous vous invitons à le contacter en cas de problème. Cet article est purement informatif et ne peut être considéré comme des conseils, rapprochez-vous de votre médecin traitant, chaque cas étant particulier.



Vous êtes ici   Accueil < Aromathérapie

 

Accueil
Aromathérapie
  -- Fiches individuelles des H.E.
  -- Mode d’Emploi
Elixirs Floraux - Minéraux
  -- Fleurs de Bach
Ostéopathie
Phytothérapie
Thérapies diverses
  -- Acupuncture et Auriculothérapie
  -- EFT - Techniques de Libération Emotionnelle
  -- L’Homéopathie
  -- Micronutrition & Naturopathie
Contact & Infos




En partenariat avec





:: Accueil :: Aromathérapie :: Elixirs Floraux - Minéraux :: Ostéopathie :: Phytothérapie :: Thérapies diverses :: Contact & Infos :: Partenaires ::
- Proposer un article - Plan du site - | Se connecter | -

© Aromalves - Conception Lydie Bonnet-Alves - CNIL n° 806675

 Hit-Parade