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Le traitement du mal de dos chez le sportif
Mal de Dos, Lombalgie, Sport, Sportif, Ostéopathie, Kinésithérapie, Traumatologie du sport

vendredi 28 mars 2008

 

Le mal de dos est très fréquent en milieu sportif et fréquemment la cause d’arrêts du sport. Il faut en connaître les causes pour y répondre de manière efficace et adaptée.


LE MAL DE DOS CHEZ LE SPORTIF

L’engouement sans cesse croissant pour la pratique sportive, son intensification, sa diversification a crescendo sur des organismes non préparés peu être responsable de lombalgies.
Du fait de la réduction du temps de travail, de la généralisation de l’informatique, de l’essor concomitant des loisirs (sport, bricolage, jardinage), le sujet malmène son rachis lombaire à son insu.

En matière de sport, on peut distinguer schématiquement le sportif de loisir et le sportif de compétition.
Le sportif de loisir est victime de lombalgies quand la pratique sportive résulte la plupart du temps sur une erreur qualitative ou quantitative d’entrainement :
.absence d’échauffement suffisant
.mauvais matériel
.absence de stretching
.mauvaise gestuelle sportive à l’origine d’authentiques technopathies
.mauvaise condition physique générale avec charges d’entrainement trop importantes, non respect des phases de récupération.
A l’inverse, le sportif de compétition, bien informé, bien conseillé, en bonne condition physique et à la technique maîtrisée présente des lombalgies en cas de surmenage transitoire ou durable du rachis lombaire quand les pôssibilités de l’organisme sont dépasséés. Cet état de surmenage fait le lit de la microtraumatologie et de la macrotraumatologie lombaire rencontrée sur les terrains de sport (claquages, discopathies, lombarthrose, maladies de croissance, troubles de la statique lombaire sagittalle et frontale, fractures,...).

Comme toujours, en matière de médecine et traumatologie du sport, la prise en charge thérapeutique se décompose en plusieurs phases incontournables et complémentaires consistant en :
.le traitement de la crise ou du cap aigu
.le traitement préventif de la récidive après un épisode aigu
en ne perdant jamais de vue, qu’elle doit être la plus globale possible c’est à dire, médicale, sportive et envirronnementale.

1. TRAITEMENT DE LA CRISE

a) sur le plan médical

Le traitement médical doit être, comme toujours, le plus conservateur possible axé sur :

1.un repos sportif absolu ou relatif (en fonction de la sévérité, de l’évolutilité des lésions et de contingences psychologiques, sociologiques ou "financières").
2.le recours à des anti-inflammatoires non stéroidiens ou stéroidiens (infiltrations) , myorelaxants et antalgiques.
ces médicaments sont souvent utiles les premiers jours afin d’obtenir une indolence rapide avant la prise en charge fonctionnelle mais font l’ojet d’une restriction chez le sportif de compétition pour des raisons de dopage.
Il est à noter que le dextropropoxyphène (Antalvic, Di-antalvic) n’est depuis peu plus inscrit sur les l istes des produits dopants.
3.l’indispensable rééducation kinésithérapeutique alliant :
.des massages décontracturants lombopelviens préparatoires à la séance,
.de la physiothérapie (infra rouges, TENS, ultra sons, boues chaudes),
.des mobilisations douces capsulo-tendino-musculaires du tronc et des membres inférieurs,
.des étirements axiaux actifs des mucles abdominaux (grand droit, petit et grand oblique, carré des lombes), lombaires (spinaux superficiels et profonds), sous-pelviens (ischio-jambiers, adducteurs, rotateurs externes de hanche, psoas) à visée de resynchronisme agonistes-antagonistes et de récupération des amplitudes articulaires,
.un éveil proprioceptif et un verrouillage lombaire actif dans le contexte de la sollicitation sportive et dans la vie courante à visée de protection active du rachis lombaire,
.un renforcement musculaire des abdominaux, des spinaux, des fessiers et des muscles sous-pelviens,
.la réadaptation à l’effort sur le terrain avec consolidation des acquis.

4.IMPORTANT :
les manipulations vertébrales (selon la technique de Maigne) réalisées à distance de la phase aigue apportent fréquemment une amélioration rapide des contractures musculaires paravertébrales et des DIM (occasionnés la plupart du temps par les mouvements d’extension-torsion du rachis dorso-lombaire). +++

b) sur le plan sportif
.le thérapeute doit évaluer avec discernement le sport en cause dans la lombalgie, la responsabilité d’un éventuel mouvement iatrogène afin de le supprimer ou de le corriger.
.par ailleurs, afin de na pas perdre les acquis de la préparation physique générale (VO2max, endurance aérobie,...), le sportif doit très rapidement, idéalement dans les 10 à 15 jours réaliser des sports de substitution en décharge relative telles que la natation ou le cyclisme.
.Il peut profiter également de cette convalescence pour faire un bilan des points faibles de son entrainement, travailler d’éventuelles lacunes tactiques et d’assurer une récupération passive ou active face à un état de possible surentrainement.

2 . TRAITEMENT PREVENTIF DE LA RECIDIVE

a) sur le plan médical

Le primum movens de la prévention de la récidive est de se constituer une ceinture lombaire et abdominal tonique, "intelligente", endurante et équilibrée.

Le sportif doit tout au long de l’année inclure dans son entrainement un travail de renforcement musculaire (microcycle ou macrocycle de musculation).
Celui-ci concerne les abdominaux (grands droits, obliques, carré des lombes), les muscles fessiers (grand et moyen fessier), les muscles spinaux.
Il s’effectue après un échauffement à visée cardiovasculaire et musculaire de 2 manières :
.concentrique (cad en raccourcissement) puis
.excentrique (cad en allongement) en faisant varier les paramètres de travail de :
.vitesse (rapide ou lente)
.résistance (absente, faible ou forte)
.endurance (volume faible ou important)
.d’étirement (course interne ou étirement faible puis course externe ou étirement important).
Ces différentes sollicitations tendinomusculaires permettent d’adapter l’appareil musculaire à toutes les différentes phases de jeu (vitesse, force, amplitude, endurance, stabilité, proprioceptivité) du sport concerné dans un but de prévention de la récidive.
Il peut se réaliser idéalement à l’aide d’appareil isocinétique qui permet d’effectuer rapidement le bilan des déficiences musculaires, de suivre précisément les progrès de la rééducation fonctionnelle dans le cadre d’une réadaptation à l’effort.

Sur un mode concentrique :
a) Les grands droits se tonifient en position de décubitus dorsal, genoux fléchis, mains posés le long du ventre, sur les deltoides ou derriere la nuque en fonction de la difficulté imposée, en réalisant des flexions répétitives du tronc et en expirant lors de l’effort.
b) Les petits et grands obliques se tonifient dans la même position que supra sauf que le sportif incline le tronc tantôt à gauche, tantôt à droite.
c) Les muscles spinaux se tonifient en position allongée sur le ventre, mains derrière la nuque en réalisant des extensions du rachis lombaire et en étirant activement la tête dans l’axe du corps.
d) Les moyens et grands fessiers se tonifient par un travail d’abduction latérale de la hanche chez un patient en décubitus latéral (moyen fessier), un travail d’extension de la hanche, jambe tendue en position de quadrupédie (grand fessier).

Sur un mode excentique :
ce mode de renforcement musculaire est à développer losque le test d’étirement musculaire est indolore.
Le sportif doit effectuer un mouvement frénateur s’opposant à l’étirement du muscle imposé par le thérapeute.
Par exemple, pour les grands droits, le sportif, en flexion du tronc sur les genoux, freine la mise en décubitus dorsal imposée par le thérapeute.

Le travail de renforcement musculaire est complété par un développement de l’endurance musculaire du caisson lombaire et abdominal afin de se rapprocher des sollicitations musculaires imposées par la pratique sportive.

Le thérapeute assure en parallèle l’étirement des muscles :
.sous-pelviens (ischio-jambiers, droit antérieur, adducteurs, pelvi-trochantériens) souvent contractés et très toniques afin de lutter contre l’hyperlordose lombaire secondaire.

.dorso-lombaires (spinaux, grands dorsaux) par des postures volontiers en cyphose lombaire (décubitus dorsal, jambes fléchis sur des coussins) ou en se suspendant quotidiennement par les mains.

b) sur le plan sportif

1. Après l’obtention d’une restauration fonctionnelle lombaire satisfaisante, la reprise de l’entrainement sera :
.progressive,
.adaptée au sportif et à la lésion traumatique
.précédée d’un échauffement assidu et de qualité d’éveil tendino-musculaire,
.associée à une musculation progressive
.accompagnée de la plus grande vigilance concernant le matériel utilisé (chaussures amortissantes en bon état adaptées aux caractéristiques morphologiques du sportif et au sport pratiqué) et la surface d’entrainement (pelouse, tatamis, terre battue, pour débuter).

2. La correction d’une mauvaise gestuelle sportive est impérative afin de prévenir toute technopathie source de récidives.Sa prévention passe par une éducation gestuelle dès le plus jeune âge et à une formation continue "sportive" régulière.
La mauvaise gestuelle sportive est laissée à l’appréciation de l’entraineur et du médecin du sport.
Il peut s’agir par exemple :
.d’un jeu aérien violent en football,
.d’une mauvaise réception de saut en baskett ball,
.d’une mauvaise réception de chute sans amorti préalable en judo
.d’un service réalisé en cambrant trop les reins en tennis.

3. Un bilan de la condition physique générale du sportif devrait être entrepris régulièrement et systématiquement dans l’année (2 à 3 fois), de surcroît dans les suites d’une lésion traumatique, afin de dépister très tôt toute déficience, désinchronisme musculaire et rétraction musculaire.

Les étirements tendino-musculaires occupent une place essentielle dans la prophylaxie de la traumatologie sportive.
Ils doivent être réalisés avant, pendant et après la pratique sportive, sans forcer et en expirant bien pendant l’effort.
Ils ont une durée de 15 à 30 secondes associées à des contractions musculaires douces de durée identique, à répéter environ 5 fois pour chaque groupe musculaire.
L’avantage de ce type d’exercice d’étirement musculaire est d’utiliser la période réfractaire consécutive à la contraction musculaire pour gagner en amplitude articulaire.
Les étirements musculaires concernent autant les muscles agonistes que les muscles antagonistes sollicités dans la gestuelle sportive.

c) sur le plan hygiènique

L’hygiène de vie est un paramètre également fondamental de la prévention de la récidive des lombalgies.
Il rend nécessaire :
.un équilibre alimentaire nutritionnel et hydrique,
.l’éviction ou la diminution des activités extra-sportives (bricolage, loisirs, voiture) stressantes pour le rachis lombaire,
.une gestion rigoureuse de tout surpoids et stress,
.le recours à une literie adaptée ferme

CONCLUSION
La pathologie traumatique lombaire en milieu sportif est le fruit, la plupart du temps, d’une pratique sportive "aggressive" chez un pratiquant insuffisamment préparé physiquement, techniquement faible, négligeant l’indispensable phase de récupération.
Comme toujours en traumatologie sportive, sa prise en charge passe par la compréhension du mécanisme lésionnel, un traitement médical bien conduit et une rééducation longue, rigoureuse et globale de mise en condition progressive des chaines musculaires au stress imposé par la pratique sportive.

Dr Gilles Mondoloni
Médecin ostéopathe (Maisons-Laffitte, Yvelines), Spécialiste du Dos, Traumatologue du sport, Médecin du sport, ostéopathe du sportif, attaché enseignant des Hôpitaux de Paris

Conseils pour la pratique du sport :
http://www.dailymotion.com/video/x14uq27_medecine-du-sport-conseils-pour-une-bonne-pratique-du-sport-dr-gilles-mondoloni-maisons-laffitte_webcam

Vidéo sur le mal de dos :

http://www.yvelines1.com/chroniques/chronique-sante-vendredi-3-avril-2015/

Interview webcam sur le mal de dos :

http://www.prevention-sante.eu/medecine/stop-au-mal-de-dos-gilles-mondoloni


Auteur : Gilles MONDOLONI
Site Web : osteopathiemed.org

 

 




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